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Mai 18 2016

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Des cartons ..qui cartonnent ! Du cran à l’écran : rencontre avec un réalisateur

Suite à la projection du film Benda Bilili ,à collège au cinéma, les élèves de 4e 3 et 6 noussatongé avons rencontré l'un des réalisateurs, Florent de la Tullaye, qui a répondu à toutes nos questions en nous expliquant la démarche de son aventure à Kinshasa, au Congo. Le film raconte la construction d'un groupe de musiciens oubliés  de tous, puisqu'ils vivent dans la rue, paraplégiques  ,pauvres ,mais  que la musique unit jusqu'à un improbable succès. Ce film a été remarqué au festival de Cannes en 2010.

Maïa : Combien a coûté ce film ?

Florent de la Tullaye : environ quatre vintg mille euros et il a eu un succès inespéré. Les benda Bilili d'ailleurs continuent à se produire un peu partout dans le monde.

Lydia  : Quelle langue parle-t-on au Congo ? Est-ce qu'on comprend le français ?

   Lydia et le réalisateur ont échangé en riant quelques mots en lingala.

Florent de la Tullaye : oui ,le français est la langue officiellle mais on parle aussi le lingala et le kitubaAvant de décider de faire ce film, nous avions passé un long moment avec les pygmées, pour un reportage photographique.

Aniss : Comment s'appelle ce drôle d'instrument avec une corde fabriqué sur une boîte en fer dont le plus jeune, Roger, joue simplement à l'oreille ?

Florent de la Tullaye : Ah ,oui, c'est une trouvaille, ça s'appelle le satongé , le son est très particulier ,et on peut varier à l'infini le rythme. Roger  s'est vite montré très doué.

Iroy :  Est-ce que c'est dangeureux de dormir sur des cartons, dans la rue ? Comment font les enfants ?

Florent de la Tullaye : C'est très dur, oui, mais ils restent groupés et s'entraident . Quelquefois il y a des bagarres, pour un carton, un quartier……et pourtant , personne ne se plaignait malgré la misère, tous chantaient ,se retrouvaient pour répéter avec Papa Ricky. C'est cela aussi qui nous a plu : leur façon d'accepter les choses, sans se plaindre. On nous a arrêté,une fois, et nous sommes allés en prison mais grâce à l'influence de Papa Ricky et un peu d'argent on nous a relâché .

Shanya : Pourquoi avez-vous fait ce film ?

Florent de la Tullaye :  Pour donner la parole à des musiciens qui n'ont rien à voir avec ceux que l'on connaît,parce qu'ils se sont faits tout seuls . On voulait montrer l'enthousiasme, l'énergie de ce groupe qui a fini par triompher , se hisser des cartons à la scène ,parce qu'ils croyaient à leur histoire.  

Sevil : Combien de  temps  a duré le tournage ?

Florent de la Tullaye :  Environ cinq ans. Quand on a commencé le montage  ,on avait plus de cinq cent heures de film à trier….. On a été étonnés de l'accueil du film à sa sortie; je crois quil a fait environ trois cent mille entrées.

Thalina : C'est un peu grâce à vous alors que les Benda Bilili sont devenus célèbres ? Est-ce qu'ils jouent toujours ensemble ?

Florent de la Tullaye :  On peut dire ça, oui.Le groupe continue bien sûr en évoluant : Papa Ricky " le boss" ,  le vieux qui aide les enfants , est plus âgé et a laissé sa place à un autre , Roger a un peu repris l'esprit du groupe et joue toujours du satongé . Pour eux, d'autres aventures sont à écrire… en musique !

 

Notre avis :  Nous avons beaucoup aimé ce film parce que cela nous apprend que même des personnes handicapées peuvent réaliser leurs rêves.

          Sachant que tout est vrai dans cette histoire ( que ce n'est pas du cinéma ), cela nous touche au coeur .

          Nous avons éprouvé de l'admiration pour ces personnes qui ne se découragent pas malgré leurs conditions de vie de rue , et nous donnent une leçon de ténacité . Ça nous a aussi donné envie de filmer des gens qui ne vivent pas du tout comme nous.

 

Benda Bilili

 

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